• Le jardin   

    Des milliers et des milliers d'années  
    Ne sauraient suffire  
    Pour dire  
    La petite seconde d'éternité  
    Où tu m'as embrassé  
    Où je t'ai embrassée  
    Un matin dans la lumière de l'hiver  
    Au parc Montsouris à Paris  
    A Paris  
    Sur la terre  
    La terre qui est un astre.  

    Jacques Prévert

    La citation de la semaine [3] : Un peu de poésie...


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  • Aujourd'hui, deux citations en un rendez-vous... Deux extraits du Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire (1939): la poésie au service de l'engagement. Ce texte est un long poème en vers libres, dans lequel Césaire exprime toute la révolte que suscitent en lui la colonisation et le racisme.

    La citation de la semaine [2]

    "Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir."

    "Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse..."

    Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal

     

     


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  • "L'histoire de ma vie n'existe pas. Ça n'existe pas. Il n'y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne. Il y a de vastes endroits où on fait croire qu'il y avait quelqu'un, ce n'est pas vrai il n'y a personne.

     

     L'amant, de Marguerite DurasRésumé

    Dans une langue pure comme son sourire de jeune fille, Marguerite Duras confie sa rencontre et sa relation avec un rentier chinois de Saigon. Dans l'Indochine coloniale de l'entre deux-guerres, la relation amoureuse entre cette jeune bachelière et cet homme déjà mûr est sublimée par un environnement extraordinaire. Dès leur rencontre sur le bac qui traverse le Mékong, on ressent l'attirance physique et la relation passionnée qui s'ensuivra, à la fois rapide comme le mouvement permanent propre au sud de l'Asie et lente comme les eaux d'un fleuve de désir. Histoire d'amour aussi improbable que magnifique, L'amant est une peinture des sentiments amoureux, ces pages sont remplies d'un amour pur et entier.

     

     

    Chronique

    L'amant ne me semble pas réellement être un roman sur l'amour, mais plutôt sur la passion, le désir, l'éveil des sens. Selon moi, ce roman a deux thèmes principaux. D'abord, il tourne autour de la relation - principalement charnelle - que la jeune Duras a entretenue avec un riche héritier chinois plus âgé qu'elle. Il aborde l'éveil (précoce?) des sens, la passion dont se consume cet homme, la douleur d'un sentiment non partagé. Ensuite (et finalement surtout?), L'amant trace le portrait de la famille de Duras et dépeint leurs relations tendues et parfois malsaines. On plonge dans cette vague de malheurs, de violence et de drames qui entoure cette famille. Le père est décédé, la mère souffre d'une dépression qui semble incurable (et la jeune Duras semble souffrir particulièrement de ne pouvoir rendre sa mère heureuse), le frère aîné a un comportement malsain et violent.

    "Ils sont doués de la même faculté de colère, de ces colères noires, meurtrières, qu'on n'a jamais vues ailleurs que chez les frères, les sœurs, les mères."

    Je pensais lire une histoire d'amour, et c'est une tragédie familiale et passionnelle que j'ai finalement découverte. Le roman est parfois très dur, très cru, dans les thèmes abordés et la façon dont ils sont abordés. Les relations familiales décrites par Duras sont assez dérangeantes. D'ailleurs, très souvent (comme dans l'extrait ci-dessus), le pronom possessif disparaît lorsqu'elle parle de sa famille, et il laisse la place à un article défini, distant comme le lien qui unit les membres de cette étrange fratrie. L'auteure parvient à faire ressentir toute l'ambiguïté de ses sentiments pour eux, entre amour et haine. 

    "Je suis encore dans cette famille, c'est là que j'habite à l'exclusion de tout autre lieu. C'est dans son aridité, sa terrible dureté, sa malfaisance que je suis le plus profondément assurée de moi-même, au plus profond de ma certitude essentielle, à savoir que plus tard j'écrirai."

    Le texte de Duras parle aussi du malaise d'une jeune adolescente à la recherche de son identité propre. L'écriture de l'auteure dépeint cela de façon très prégnante puisque à de nombreuses reprises l'auteure abandonne la première personne pour raconter son histoire à la troisième personne, comme si elle se désincarnait d'elle-même, comme si elle prenait de la distance avec cette adolescente qu'elle était et n'était pas à la fois. 

    "Très vite dans ma vie il a été trop tard. À dix-huit ans il était déjà trop tard."

    L'amant est un roman très visuel, partant de la description de photographies. L'auteure se replonge dans ses souvenirs et les livre sans artifices, sous la forme d'un récit qui ressemble beaucoup à un monologue intérieur. Le roman est d'ailleurs un long flux de paroles, de pensées, quelque peu décousu, sans division en chapitres et sans chronologie linéaire: le texte se présente sur la forme d'une fragmentation des souvenirs, avec des retours en arrière, des sauts dans le temps et des ellipses... 

    Au-delà des événements racontés, c'est clairement le style de Duras que je retiendrai de ce roman. Il fait partie des rares textes dont la beauté de l'écriture m'a conquise dès les premières lignes. Cette sensation m'a rappelée celle que je ressens toujours en lisant Beauvoir (et cher lecteur, tu sauras bientôt que ça ce n'est pas rien). Le style de Duras est à la fois épuré et poétique, doté d'une incroyable fluidité, sobre et musical à la fois, imagé et personnel. Finalement, je pense que L'amant mérite d'être lu principalement pour ce style unique avec lequel Duras a merveilleusement écrit cette petite parcelle de sa vie passée.

    Je serais heureuse d'avoir votre avis sur ce roman, alors... à vos plumes !  

     


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  • La semaine passée, j'ai lu: 

    L'amant de Marguerite Duras, enfin ! A-t-il été à la hauteur de mes attentes? La suite au prochaine épisode...

    C'est lundi, que lisez-vous? [3]

     

    Cette semaine, je lis: 

    De la beauté de Zadie Smith: un bon petit pavé tout de même, il m'occupera sans aucun doute toute la semaine ! Je viens de le commencer et la lecture s'annonce bien agréable. Un style agréable, assez oralisé, des personnages hauts en couleur et un peu déjantés... La suite dans deux épisodes, donc... 

    C'est lundi, que lisez-vous? [3]

     

    Mes prochaines lectures: 

    Dans le cadre de mon tour du monde littéraire, je compte lire en août Le livre d'un été de Tove Jansson, auteure finlandaise. Ce livre m'a été conseillé par ma libraire préférée (depuis bien des années déjà!) et il me tarde donc de le découvrir ! 

    C'est lundi, que lisez-vous? [3]

     

    Côté BD, j'aimerais lire sous peu la série Couleur de peau miel de Jung. C'est une BD autobiographique qui m'a l'air très touchante. Je vous en dis plus très bientôt ! 

    C'est lundi, que lisez-vous? [3]

     

    Que votre semaine soit emplie de belles lectures ! 


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  • Bonjour ! 

    En ce dimanche, je vous retrouve pour initier un nouveau rendez-vous dans lequel j'aimerais partager avec vous une citation, un extrait de roman, un poème... que j'aime particulièrement. Comme beaucoup de dévoreurs de livres, j'ai toujours un petit carnet dans lequel je note tout ça (et ce depuis un certain temps!). Alors c'est parti pour un moment de partage hebdomadaire...  

    La citation de la semaine [1] 

    Maurice Louis Branger, Les parisiennes à la terrasse, Paris 1925

    "Dans cette vie qui vous apparaît quelques fois comme un grand terrain vague sans poteau indicateur, au milieu de toutes les lignes de fuite et les horizons perdus, on aimerait trouver des points de repère. [...] Alors on tisse des liens, on essaye de rendre plus stables des rencontres hasardeuses."

    Patrick Modiano, Dans le café de la jeunesse perdue

     


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