• "Je dois préciser que je suis un homme d'âge moyen qui mène une vie plutôt sédentaire, évite soigneusement tout exercice et s'adonne à des abus de nourriture et d'alcool. Autrement dit, je suis gros et en très mauvaise forme physique."

    Escale dans le bush australien: Le koala tueur et autres histoire du bush, de Kenneth Cook

    Résumé

    "Je n'aime pas les koalas. Ces sales bêtes, aussi hargneuses que stupides, n'ont pas un poil de gentillesse. Leur comportement social est effroyable - les mâles n'arrêtent pas de se tabasser ou de voler les femelles de leurs semblables. [...] Leur fourrure est infestée de vermine. Ils ronflent. Leur ressemblance avec les nounours est une vile supercherie. Il n'y a rien de bon chez eux. Sans parler du fait qu'un jour, un koala a essayé de me jouer un tour pendable." Avec ses redoutables crocodiles, ses excentriques mineurs d'opales, ses koalas féroces et ses cochons sauvages assoiffés de sang, l'impitoyable bush australien reste un territoire indompté. Et ce n'est pas Kenneth Cook qui aurait pu le soumettre ! Pour ce qui devait être l'un de ses plus grands succès de librairie, Cook a réuni peu avant sa disparition ces histoires courtes toutes plus hilarantes les unes que les autres, inspirées par ses tribulations à travers l'Australie.

    Chronique

    En décembre, c'est en Australie que j'ai fait escale, dans le cadre de mon tour du monde littéraire... Le koala tueur et autres histoires du bush est un recueil de 15 petites nouvelles, chacune centrée sur l'un des animaux féroces, exotiques et étranges que l'auteur dit avoir croisé lors de son périple australien. D'après lui, chacune de ces rencontres avec la faune sauvage s'est déroulée comme il le raconte ici... Bien sûr, nous pouvons en douter; mais, il n'en reste pas moins que K. Cook nous propose ici un recueil délicieux, dépaysant et bourré d'humour. Ses rencontres avec la faune australienne, koalas tueurs, chameaux à l'haleine fétide, et autres serpents fourbes..., mais aussi celles avec quelques humains - toujours accoudés à un quelconque bar - sont racontées avec une plume très agréable, truffée de traits d'esprits et surtout avec beaucoup d'autodérision. Ce qui est peut-être l'élément le plus intéressant du recueil.  À lire comme 15 petits plaisirs sucrés et épicés... 


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  • 2015 et ses bonnes résolutions livresques...

     

    Bonjour à tous ! 

    Avant de commencer cet article, je tiens à vous souhaiter une merveilleuse année 2015. Qu'elle vous apporte une myriade de petits et grands bonheurs...et bien sûr plein de belles lectures !

    Je vous retrouve aujourd'hui pour vous faire part de mes quelques résolutions livresques pour 2015... C'est parti ! 

    1. En 2015, dans ta PAL tu puiseras... Il faut bien reconnaître que les livres ne sont pas censés se collectionner, mais bien se lire... Or, ma PAL se compose d'une bonne centaine de romans qui, pour certains, attendent patiemment depuis plusieurs années ! Ma résolution la plus importante est donc de réduire fortement mes achats livresques (je vais fuir Pêle-Mêle et ses romans à  2 euros) et de lire ces livres qui traînent sur mes étagères depuis trop longtemps...

    2. En 2015, une book jar tu feras... De plus, comme nous avons tendance à nous tourner toujours vers les derniers livres achetés et à en laisser d'autres prendre la poussière, j'ai décidé de me concocter une petite book jar (avec les livres de ma PAL) et d'y puiser chaque mois un ou deux livre(s) que je devrai lire dans le courant du mois. 

    2015 et ses bonnes résolutions livresques...

    3. En 2015, en VO tu liras... Comme vous le savez, j'ai fait des études littéraires en français et espagnol. Or, depuis que je suis sortie de l'université, j'ai un peu perdu l'habitude de lire en espagnol. Avant, je lisais presque autant dans la langue de Cervantès que dans celle de Molière: il est donc temps que je m'y remette ! Par ailleurs, je voudrais me mettre également  à lire en anglais... L'idée est de relire les Harry Potter (toute mon adolescence...).

    4. En 2015, de grands classiques tu liras (enfin!)... Bien sûr, dans le cadre de mes études littéraires, j'en ai lu un certain nombre, mais il m'en reste tellement à découvrir ! Je pense notamment à Jane Eyre, à Anna Karenine, aux Misérables, à La condition humaine... 

    5. En 2015, des bibliographies complètes tu connaîtras... J'ai envie de lire et relire les romans de mes auteurs préférés, histoire aussi d'avoir une vue d'ensemble pour vous en parler sur le blog, comme j'avais prévu de le faire. Je pense notamment à Beauvoir et Boris Vian, mais aussi à Murakami et Yoko Ogawa... J'aimerais vraiment consacrer des billets à l'oeuvre de ces auteurs qui m'accompagnent inlassablement depuis plusieurs années. (Exactement 10 ans, en fait, pour Vian, que j'ai découvert à 15 ans...)

    Et voilà, il me semble que c'est tout et ce n'est déjà pas mal... À suivre donc... 

    Et vous, de bonnes résolutions livresques pour l'année à venir? 


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  • "L'avenir est trop immense pour qu'elle l'imagine, il arrivera, c'est tout."

    Les années: Annie Ernaux et l'autobiographie "collective"

     

    Résumé

    "La photo en noir et blanc d'une petite fille en maillot de bain foncé, sur une plage de galets. En fond, des falaises. Elle est assise sur un rocher plat, ses jambes robustes étendues bien droites devant elle, les bras en appui sur le rocher, les yeux fermés, la tête légèrement penchée, souriant. Une épaisse natte brune ramenée par-devant, l'autre laissée dans le dos. Tout révèle le désir de poser comme les stars dans Cinémonde ou la publicité d'Ambre Solaire, d'échapper à son corps humiliant et sans importance de petite fille. Au dos : août 1949, Sotteville-sur-Mer." Au travers de photos et de souvenirs laissés par les événements, les mots et les choses, Annie Ernaux nous fait ressentir le passage des années, de l'après-guerre à aujourd'hui. En même temps, elle inscrit l'existence dans une forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective.

    Chronique

    Il y a, derrière le roman Les années, un projet littéraire clairement défini par l'auteur. Il s'agit d'innover en proposant une forme d'autobiographie neuve et impersonnelle, ou plutôt interpersonnelle. De ce point de vue, ce livre est clairement une réussite. L'autobiographie est à la fois personnelle - l'auteure nous livre ses souvenirs des années 50 à nos jours - et impersonnelle par l'utilisation du pronom "elle" qui vient remplacer le "je" traditionnel de l'autobiographie. Le récit est également désincarné - et par là collectif - par l'utilisation du pronom "on" qui intervient en alternance avec le "elle" dépersonnalisé. Annie Ernaux livre un roman très féminin et féministe, où l'on (re)découvre l'histoire de la condition des femmes françaises à travers les décennies où les choses ont commencé à évoluer pour elles et par elles (ouf!): la pilule, Mai 68, la liberté sexuelle, la loi sur l'avortement... (Et Beauvoir en toile de fond, clin d’œil que j'ai beaucoup apprécié.) Cette histoire féminine collective est mêlée à une histoire féminine plus personnelle, ce qui donne un éclairage particulier à l'Histoire. Pour moi, c'est la grande force de ce roman autobiographique. 

    "La honte ne cessait de menacer les filles. Leur façon de s'habiller et de se maquiller, toujours guettée par le trop: court, long, décolleté, étroit, voyant, etc."

    Ce récit est par ailleurs servi par une très belle plume, dans la tradition de l'esthétisme littéraire à la française. Annie Ernaux écrit une langue très pure, avec un sens de la formule à toute épreuve. 

    "Avoir lu Simone de Beauvoir ne servait à rien qu'à vérifier le malheur d'avoir un utérus."

    Le fait d'utiliser des photos comme déclencheur des souvenir m'a vraiment fait penser à L'amant de Marguerite Duras, que j'avais vraiment aimé. 

    Par contre, j'ai trouvé que le fait de couvrir une si large période de temps (plus ou moins 50 ans) mêlé à l'écriture qui se veut impersonnelle et désincarnée empêche le lecteur d'entrer réellement dans le roman et d'en apprécier complètement le fond. Cela a rendu ma lecture parfois un peu fastidieuse et je le regrette. 

    Avez-vous lu ce roman? Qu'en avez-vous pensé? À vos plumes ! 


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  • La semaine passée, j'ai lu:

    Les années d'Annie Ernaux, dont je vous parlerai très bientôt. Je peux déjà vous dire que le bilan est plutôt en demi-teinte, avec des points très positifs, mais malheureusement quelques points négatifs aussi... 

    C'est lundi, que lisez-vous? [10]

     

    Cette semaine, je lis:

    Encore une semaine de boulot, du coup je résiste tant bien que mal à la PAL concoctée pour la période des fêtes... Je suis l'idée de lire un auteur australien, mais je troque Les heures lointaines de Kate Morton (et ses 800 pages), pour Le koala tueur et autres histoires du bush de Kenneth Cook, que je pourrai lire en une semaine. 

    C'est lundi, que lisez-vous? [10]

    Mes prochaines lectures:

    Comme beaucoup, j'aime la période de noël. En plus, cette année, c'est la première fois depuis longtemps que les vacances de noël ne riment pas avec blocus... Et nous comptons en profiter ! 
    D'habitude, je ne lis pas de livres liés à cette époque, mais cette année j'ai eu envie de me concocter une PAL spéciale *noël*. Voici la photo de groupe (je vous en reparlerai, évidemment):

    C'est lundi, que lisez-vous? [10]

     

    Belle semaine et belles lectures à vous !


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  • "Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C'est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois [...] Pourquoi? Parce que cette tempête n'est pas un phénomène venu d'ailleurs, sans aucun lien avec toi. Elle est toi-même et rien d'autre. Elle vient de l'intérieur de toi. Alors, la seule chose que tu puisses faire, c'est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et entrer, et la traverser pas à pas."

    Haruki Murakami, Kafka sur le rivage

    La citation de la semaine [10]: un Murakami peut en cacher un autre...

    Flower Matango de l'artiste Takashi Murakami, exposition au château de Versailles (2010)


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